“L’Autre” en tant que “Yene-Bitte” : Repenser une éthique éthiopienne de la responsabilité morale
Publiée 2026-09-30
Mots-clés
- altérité,
- yene-bitte,
- responsabilité morale,
- le visage,
- l’autre
- imago Dei,
- théosis ...Plus
Comment citer
Résumé
Dans le monde actuel, l’altérité est une source de perturbation de la coexistence. L’altérisation fondée sur l’appartenance ethnique, la race, la couleur de peau, le sexe, et la situation économique constitue une menace pour la dignité et l’existence humaines. En Éthiopie, l’altérité fondée sur l’appartenance ethnique perturbe la solidarité du pays et a conduit des millions de personnes au déplacement, à la famine, à la mort et à des conflits incessants. La notion d’« autre » est un concept central dans les théories éthiques et la philosophie morale. Yene-bitte est un mot éthiopien composé dérivé de yene ou ye’ene, qui signifie « le mien », « moi-même », « quelqu’un ou quelque chose qui appartient à soi-même ou au moiz » — il désigne à la fois l’identité propre et le sentiment d’appartenance ou la possession. Bitte a également le sens de « celui qui est comme moi », ou « mon double », ou encore « mon jumeau », une « connaissance proche ». Ainsi, yene-bitte désigne celui qui est comme moi-même ou celui qui me ressemble. S’inspirant d’Emmanuel Lévinas et de Paul Ricoeur, cet article passe en revue certaines réflexions théoriques sur la notion de l’autre face à la responsabilité morale, situant ainsi la notion de yene-bitte comme une éthique éthiopienne de la responsabilité morale qui recherche cette responsabilité à travers la reconnaissance de l’autre et révèle également son incarnation dans une anthropologie théologique profonde. Il est indispensable de redynamiser cette pratique sociale pour appréhender l’altérité et assumer la responsabilité morale dans un pays en crise comme l’Éthiopie.
